Chargée des affaires sociales

Livre Facteurs en France - Portraits de facteurs - Pour devenir postier, Adèle a réussi le concours de facteur. Désormais elle distribue le courrier à Fort de France.Adèle Ragald, factrice à Fort de France (97). Adèle Ragald est factrice depuis 30 ans mais elle aurait pu faire de la politique. D’ailleurs, elle en fait. Elle est conseillère municipale de Schoelcher, sa commune natale et administratrice au centre communal d’action sociale. Elle obtient une allocation à l’un, un stage à l’autre, rend visite aux malades… Adèle n’est pas du genre à baisser les bras devant les difficultés. Elle sait qu’en prenant les problèmes à bras le corps, on peut faire bouger les choses. Tout d’abord sur sa tournée de la Pointe-des-Nègres où l’adressage, certes poétique, n’est pas toujours des plus efficaces : les enveloppes libellées « Mme Unetelle, Rive droite », ou « Texaco », « kilomètre 2,5 » voire « à côté de la boulangerie » (qui, bien sûr n’existe plus) ne sont pas rares.

Taux de non-distribution record garanti si personne ne réagit.

De son propre chef, Adèle a commencé par numéroter les voies, puis a communiqué leur nouvelle adresse aux clients et aux administrations, à France Telecom… Elle a même fait campagne par voie de presse pour que les clients changent leurs habitudes. « Tout le monde possède désormais une adresse correcte à Fort-de-France, encore faut-il l’utiliser. Mais ce n’est pas fini: de nombreuses voies ne sont même pas baptisées en périphérie. Nous travaillons sur ce sujet avec la municipalité. »

Parfois, mes trois enfants me disent: mais pourquoi vas-tu encore te lancer là-dedans ?

Livre Facteur en France - Portraits de facteurs - Le facteur est le lien entre le bureau de poste et la boite aux lettres. Chaque jour, il distribue le courrier et écrit l'histoire de la Poste.Ils insistent, pensent que je devrais laisser, que ce ne sont pas mes affaires. Mais quand je vois que je peux être utile, je ne peux pas m’en empêcher, c’est comme ça. Quand on est facteur, on côtoie tous les genres: les beaux quartiers et les autres. Et de la misère, il y en a partout, même sous le ciel bleu des tropiques. Au départ, il y a les choses liées au travail: rendre visite aux vieux, leur traduire les factures en francs, les aider à écrire leur courrier, puis les démarches administratives… Petit à petit, on s’implique de plus en plus auprès des plus âgés comme des plus jeunes.

Je les ai tous connus gamins, ces jeunes désœuvrés.

Ils étaient tout joyeux de venir chercher la lettre pour leurs parents. Maintenant, ils ont l’air triste à attendre toute la journée. Je les aide à s’inscrire à l’ANPE ou au RMI, s’ils ont l’âge. Tous seuls, ils ne le feraient pas, alors je les pousse, je les motive. Le petit Michaël, par exemple, à 16 ans, il n’allait plus à l’école, ses parents n’arrivaient plus à lui parler. Alors, je m’y suis mise. Il me connaissait bien, il m’a écoutée. Il a fini par se laisser convaincre et à s’inscrire à une formation de l’armée. Aujourd’hui, il a changé du tout au tout, ses parents sont contents, et moi aussi.

Les gens m’aiment bien en général, ils me font confiance.

Humour, portraits insolites, travail, histoires vraies... le livre Facteurs en France est à la fois une chronique et un documentaire sur le metier de facteur à la poste en France.Ils me demandent de petits services, souvent ce n’est pas grand-chose et ça peut tellement leur changer la vie. Prenez Grégoire, un monsieur que j’ai connu bien gaillard il y a quinze ans. Maintenant, il a 83 ans et il vit seul. Ses yeux ne vont plus alors je lui lis son courrier. Comme il insistait, j’ai fini par regarder ses relevés de comptes. Je me suis aperçue que54euros lui était prélevés chaque mois depuis deux ans, pour un abonnement de mobile ! Grégoire, avec ses petits revenus, croyez-moi, ce n’est pas le genre à avoir un mobile. Il a donc porté plainte, et on a donc pu faire arrêter ça. Et puis je me suis occupée des démarches pour qu’il touche l’allocation aux personnes dépendantes. Ainsi, il peut disposer d’une aide à domicile. Bref, ça va un peu mieux pour lui. Les gens dans le besoin, il faut bien s’en occuper. C’est un devoir, non ? Il n’y a rien d’extraordinaire.

ADELE RAGALD
CENTRE COURRIER DE FORT DE FRANCE
RUE BOUILLE
97200 FORT DE FRANCE

Ecouter la chronique RTL d’Adèle Ragald, factrice à Fort de France (97)

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