Pompier volontaire

Livre Facteurs en France - Portraits de facteurs - Pour devenir facteur, Philippe a réussi le concours de la poste. Désormais il distribue le courrier à Moltzeim.
Philippe Adélaïde, facteur à Molsheim
(67). Oooop ! Guten Morgen, Ich Hkomme ! Dans les faubourgs de Molsheim, petite ville touristique à quelques kilomètres de Strasbourg, c’est l’appel qui se répercute de maison en maison quand Philippe Adélaïde fait sa tournée. Alsacien, il l’est jusqu’au bout des ongles, même si son père, Martiniquais, n’est arrivé en métropole qu’en 1944… avec la deuxième DB du général Leclerc. Alsacien et truculent, il avoue aimer la bonne chère – particulièrement la pâtisserie – et engage facilement la conversation par une plaisanterie.

« Il est toujours de bonne humeur et on l’entend de loin !» dit de lui Georgette, une de ses fidèles clientes, avec laquelle il parle souvent cuisine.

Livre Facteur en France - Portraits de facteurs - Le facteur est le lien entre le bureau de poste et la boite aux lettres. Chaque jour, il distribue le courrier et écrit l'histoire de la Poste.Ici, tout le monde sait qu’il est pompier volontaire et qu’en trente ans, il a secouru ou assisté des dizaines de personnes. Mais lui ne juge pas nécessaire d’en parler ou conclut immanquablement ses récits par un « c’est rien de spécial : il y en a d’autres qui le font tous les jours !» Pourtant, l’hiver dernier, en entrant dans un immeuble pour y distribuer le courrier, il a très vite réalisé que quelque chose ne tournait pas rond chez cette cliente très bien habillée qui descendait vers la rivière au lieu de se diriger vers la ville. Quelques secondes plus tard, il était dans l’eau où elle avait déjà presque entièrement disparu. Après l’avoir ramenée, mi-inconsciente, au centre de secours, il s’est changé et a repris sa tournée. Comme si de rien n’était.

“Quand les gens m’entendent arriver, ils sortent ou passent la tête par le balcon.

Humour, portraits insolites, travail, histoires vraies... le livre Facteurs en France est à la fois une chronique et un documentaire sur le metier de facteur à la poste en France.Dans les immeubles, s’ils descendent alors que j’ai déjà mis le courrier, j’ouvre la batterie de boîtes aux lettres. Ils sont parfois une vingtaine derrière moi à attendre. Alors là, j’entends de tout ! Des plaisanteries et des choses plus personnelles sur leur vie. Je blague aussi en disant que j’attends mon café, avec des petits gâteaux. Mais ce n’est plus vraiment dans les mœurs. Un samedi par mois, une cliente m’offre quand même des éclairs. Avec chacun, vous avez un contact différent. Je passe devant le collège à l’heure de la sortie de midi. Les gamins me disent « salut, Philippe !» Pourtant, je ne les connais pas pour la plupart. Mais s’ils sont polis, je lève la main pour leur répondre. Je suppose qu’à la longue, c’est comme ça que le courant passe. Cela doit faire vingt ans que je suis sur cette tournée, à quelques rues près.

Une tournée, c’est 90 % de choses qu’on garde pour soi, des petites satisfactions qui vous nourrissent, et dont vous ne parlez pas forcément en rentrant à la maison.

Livre Facteurs en France - portraits et photos de postiers - Le metier de postier rentre de le cadre des concours de la fonction publique. D ailleurs son statut est celui de fonctionnaire.

Combien de fois j’ai téléphoné au docteur ou aux enfants, pour des vieilles personnes qui n’allaient pas bien ! Combien de fois je me suis retrouvé confident de clients dans la détresse ! Ça gêne et, à la fois, ça fait plaisir. Les gens se confient parfois plus au facteur qu’à la famille ou au conjoint. Je pense à un client qui avait un cancer de la gorge. Il ne pouvait pratiquement plus parler. Devant sa femme, il se montrait fort. Un jour qu’elle n’était pas là, il m’a tendu un petit mot me disant combien ma présence le réconfortait. Après coup, je ne saurai dire combien ces quelques lignes m’ont ému. La manière de nouer le premier contact, de réconforter… c’est primordial. Chaque situation est différente. Il y a tellement de façons d’interpréter les choses…

Je suis pompier volontaire, avec le grade d’adjudant.

Gamin, qui n’a pas eu envie d’être pompier ? À neuf ans, j’ai joué du clairon dans la clique du village et, à partir de seize ans, j’ai commencé à intervenir. Après un accident de la route, on peut se retrouver à extraire de leur véhicule des personnes blessées ou brûlées. Ça, c’est le plus impressionnant. D’autres fois, il s’agira de parlementer avec quelqu’un qui menace de se suicider. Ou d’emmener des personnes à l’hôpital. J’ai appris que dans la vie, il faut savoir apprécier chaque jour. Des cancers, j’en vois beaucoup. Alors les gens qui fument, j’essaie de les encourager à s’arrêter.

PHILIPPE ADELAIDE
CENTRE COURRIER DE MOLSHEIM
5 RUE JEAN MERMOZ
67125 MOLSHEIM

Ecouter la chronique RTL de Philippe Adélaïde, facteur à Moltzeim (67)

Une réponse to “Pompier volontaire”

  1. DO a écrit :

    Je crois qu’il y a une petite erreur : il n’y a pas de commune de “moltzeim” dans le bas-rhin, mais seulement : molsheim.

    Il faudrait le corriger dans tout le texte de cette page

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